1. Katharina ZIEMKE
    Mirror, 2017
    Indian ink on rice paper
    125 x 95 cm
  2. Katharina ZIEMKE
    Jump, 2017
    Indian ink on rice paper
    128 x 97 cm (framed)

    Collection particulière
  3. Katharina ZIEMKE
    Wig, 2016
    Indian ink on rice paper
    190 x 132 cm
  4. Katharina ZIEMKE
    Hold, 2016
    Watercolour and oil pastel on paper
    72,5 x 51 cm
  5. Katharina ZIEMKE
    Bonnie, 2015
    Wax crayon and acrylic on paper
    51,5 x 69 cm
  6. Katharina ZIEMKE
    The Dance, 2013
    Wax crayon and acrylic on paper
    101 x 73 cm
  7. Katharina ZIEMKE
    Robe, 2015
    Indian ink on rice paper
    137 x 108 cm


Introduction

Depuis ses premières peintures, dont l’aspect émaillé et cireux qu’elles réservaient aux surfaces et aux carnations jouaient de l’ambiguïté entre le réel et l’artificiel, jusqu’à ses plus récents dessins à l’encre colorée, Katharina Ziemke construit un univers étrange, cultivant le doute quant à la nature des sujets et donnant à voir la muabilité de l’image. Sur ce point, les séries à l’encre de Chine initiées en 2013 ajoutèrent un nouveau trouble dans la vision : celui de la variation et de la dilution des figures. Parmi elles, celle consacrée à Hamlet (quinze portraits du comédien Laurence Olivier en costume de ville) se déploie ainsi comme une longue séquence sans action, dont le seul mouvement serait celui de l’altération de l’image et de l’infinité des variations que ces versions successives supposent.

Au même moment, une rencontre offrit à Katharina Ziemke l’occasion de donner une nouvelle dimension à ses recherches. Le metteur en scène Thomas Ostermeier lui proposa de collaborer à la création de décors pour Un ennemi du peuple d’Isben (Schaubühne, Berlin, 2012), puis La Mouette de Tchekov (Toneelgroep, Amsterdam, 2013) et Professeur Bernhardi d’Arthur Schnitzler (Schaubühne, Berlin / Les Gémeaux, Sceaux, 2017). Pour La Mouette, l’artiste imagina de grands dessins inspirés de ses encres sur papier, qu’un opérateur réalisait en direct pendant le spectacle. Se dérobant à chaque scène, l’image y était ici moins un décor qu’un protagoniste de l’histoire : elle s’imposait comme action.

Une nouvelle technique apparue dans le travail de Katharina Ziemke synthétise encore davantage son intérêt pour le spectacle de l’image agissante. Appliquant dans un premier temps des aplats de couleur au pastel sur le papier, l’artiste recouvre ensuite l’ensemble d’une couche de cire noire, qu’elle creuse enfin à la manière d’un graveur pour laisser poindre des images sombres et comme inquiétées par d’étranges spectres colorés. Comme une vision sur une autre, l’aperçu d’un monde halluciné, dissimulé sous les apparences de notre quotidien.

Thibault Bissirier, 2018

Katharina ZIEMKE est née à Kiel (Allemagne) en 1979. Elle vit et travaille aujourd'hui à Berlin, où elle s'est installée après ses études à l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Paris (atelier Joël Kermarrec).
Ses œuvres ont notamment été exposées à Berlin (Schaubühne, Galerie Susanne Albrecht, Manzoni Schäper), Kiel (Kunstraum B), Copenhague (Galerie Benoni et Galerie Christoffer Egelund), Luxembourg (Nosbaum & Reding) ainsi qu’à New York et Paris (Galerie Zürcher). En France, Katharina Ziemke a également participé à plusieurs expositions collectives à Lyon (Espace arts plastiques de Vénissieux), Bourges (La Box), Montbéliard (CRAC) Toulouse (Printemps de septembre), ou Meymac (CAC), ainsi qu’au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix aux Sables d’Olonne, où elle a fait l’objet d’une importante exposition personnelle en 2008. Ses œuvres sont aujourd’hui présentes dans les collections du FNAC – Fonds National d’Art Contemporain.