1. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre, 2017
    Fusain et crayon sur papier
    60 x 80 cm
  2. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre, 2017
    Fusain et mine de plomb sur papier
    70 x 100 cm

    Collection particulière
  3. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre, 2017
    Fusain et crayon sur papier
    40 x 60 cm
  4. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre, 2017
    Fusain et crayon sur papier
    50 x 70 cm
  5. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre, 2016
    Crayon et fusain sur toile
    200 x 300 cm
  6. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre , 2016
    Fusain et crayon sur toile
    114 x 146 cm
  7. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre , 2016
    Fusain et crayon sur toile
    130 x 195 cm
  8. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre , 2016
    Fusain et crayon sur papier
    50 x 80 cm
  9. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre , 2016
    Fusain et crayon sur papier
    200 x 200 cm
  10. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre , 2016
    Fusain et crayon sur papier
    50 x 80 cm
  11. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre , 2016
    Charcoal and pencil on paper
    Fusain et crayon sur papier
    70 x 100 cm
  12. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre , 2016
    Fusain et crayon sur papier
    70 x 100 cm
  13. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre , 2016
    Verre gravé et encré
    100 x 32 x 6 cm

    Collection particulière
  14. Lenny RÉBÉRÉ
    03_05, 2016
    Huile sur toile et fusain
    130 x 195 cm

    Adrien Thibault
  15. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre i, 2015
    Fusain sur toile
    162 x 130 cm
  16. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre, 2016
    Crayon et fusain sur toile
    130 x 195 cm
  17. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans-titre, 2016
    Crayon et fusain sur papier
    70 x 100 cm

    Collection particulière
  18. Lenny RÉBÉRÉ
    Night Club, 2015
    Crayon et fusain sur papier
    80 x 117 cm

    Collection particulière
  19. Lenny RÉBÉRÉ
    Vestiges , 2015
    Crayon et fusain sur papier
    80 x 115 cm
  20. Lenny RÉBÉRÉ
    Sans titre , 2015
    Crayon et fusain sur papier
    78 x 118 cm
  21. Lenny RÉBÉRÉ
    Portail, 2016
    Pierre noire et crayon sur papier
    70 x 100 cm
  22. Lenny RÉBÉRÉ
    Foule, 2016
    Crayon et fusain sur papier
    70 x 100 cm

    Collection particulière
  23. Lenny RÉBÉRÉ
    Midnight, 2015
    Crayon et fusain sur toile
    114 x 195 cm
  24. Lenny RÉBÉRÉ
    Dame blanche , 2015
    Fusain sur toile
    150 x 150 cm
  25. Lenny RÉBÉRÉ
    Baignade - diptyque, 2015
    Weltanschauung
    Crayon et fusain sur papier
    120 x 160 cm
  26. Lenny RÉBÉRÉ
    Landscape 5, 2015
    Fusain et crayon sur papier
    40 x 50 cm
  27. Lenny RÉBÉRÉ
    Landscape 6, 2015
    Crayon graphite sur papier
    40 x 50 cm

    Collection particulière
  28. Lenny RÉBÉRÉ
    Exhibit, 2015
    Verre gravé et encré, métal
    250 (L) x 90 (l) x 130 (H) cm

    Collection particulière
  29. Lenny RÉBÉRÉ
    L'explorateur, 2015
    Huile sur toile
    162 x 130 cm
  30. Lenny RÉBÉRÉ
    Le masque 1 , 2014
    Le masque
    Huile sur toile
    30 x 30 cm
  31. Lenny RÉBÉRÉ
    Le masque 2, 2014
    Le masque
    Huile sur toile
    30 x 30 cm
  32. Lenny RÉBÉRÉ
    Le masque 3, 2014
    Le masque
    Huile sur toile
    30 x 30 cm
  33. Lenny RÉBÉRÉ
    Le masque 4 , 2014
    Le masque
    Huile sur toile
    30 x 30 cm


Présentation

 

Au premier contact, les dessins de Lenny Rébéré posent un paysage ambigu et flottant qui nécessite un travail de décodage et mobilise toute notre attention. L’image lutte, se débat contre notre volonté de l’appréhender dans sa totalité, de la décrire, de la comprendre. Elle lutte contre notre regard, l’éprouve et lui impose son propre mouvement, ses indistinctions et ses respirations. C’est à peine si elle lui offre l’occasion de se reposer sur un détail en particuliers, tant il y en a d’entremêlés.


“Des séries d’images défilent sur mon écran” : s’emparer du monde par zapping sans parvenir à donner une quelconque valeur à ce qui passe sous nos yeux. L’artiste, ici, se pose en spectateur, en percepteur même, prélevant dans le flux d’internet des bribes de vies, photographies d’événements, publicités... de ces images numériques rendues publiques et disponibles pour tous qui ne permettent plus d’autre alternative que de ressentir l’intimité d’êtres anonymes, que l’artiste mêle à la sienne, à son histoire, à ses images (photographies de vacances, d’amis, de lieux et de paysages visités). Évocatrice d’un monde chaotique et saturé où l’on ne discerne plus le singulier à force de trop voir, où l’intime et le collectif se retrouvent liés, la pratique de Lenny Rébéré débute ainsi par l’accumulation.


Puis vient le temps de la recomposition, quand la main remplace l’oeil et mobilise la mémoire. Les images sont alors déposées sur le papier ou sur la toile. Le processus est long, la technique précise : par le geste continu du dessin, Lenny Rébéré replace l’action et la volonté au coeur de la création. Ces images recouvrent alors peu à peu la physicalité dont leur nature numérique, bien éloignée de celle physico-chimique des premières photographies, les avait privées. Pour ces images orphelines, multiples et dépourvues de corps, c’est le temps de la synthèse et de la réincarnation.


Fragiles, vibrantes, transparentes comme des calques, elles ne parviennent cependant pas totalement à se fixer, mais demeurent plutôt dans un entre-deux singulier et déroutant où tout semble à la fois proche et lointain. Les plans se confondent, la composition renonce presque à toute saillie ; ne reste à la fin que l’image fantomatique d’un paysage fuyant que viennent habiter des figures indistinctes ou des corps suspendus et comme enfermés dans le cadre d’un support vide. Les choses, les lieux, les époques se confondent, s’enchevêtrent, se superposent et se contaminent pour composer une troisième image hybride, qui tient tout autant de la fiction que de la réalité. Une image-synthèse agissant à la manière d’un rêve, par rémanences, par fondus, par impressions successives.


Ici le réel se mêle au possible et compose un écran vivant sur lequel peuvent venir s’inscrire nos phantasmes dont le surgissement est d’autant plus saisissant qu’il nous entraîne des deux côtés du miroir. Oscillant entre la volonté d’émerger et la tentation de se replier sur elle-même, l’image devenue phénomène concilie dès lors la catégorie esthétique du visuel (l’image) et la catégorie ontologique de l’événement (le moment de la perception) : l’action n’est plus seulement décrite dans, mais produite par l’image, tout à la fois objet et sujet de notre regard, capable désormais de “rendre visible l’activité organisatrice du percevoir”.*


Thibault Bissirier, octobre 2015


* Attribué à Paul Cézanne.



Lenny Rébéré est né à Lyon en 1994. Il vit et travaille à Paris.
Après une formation à l’école ESAIG Estienne (Paris), Lenny Rébéré est actuellement étudiant à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (Atelier Dominique Gauthier).