du 12 janvier au 25 février 2006

Jérémy LIRON

Landscape(s)

communiqué

" Si je me suis intéressé au paysage notamment, c'est que ces étendues me faisaient l'effet proche de celui de la contemplation d'un tableau ou d'une oeuvre d'art en général : le sentiment que l'on y voit rien, que s'insinue une forme particulière de solitude.
La mise en évidence d'une posture, d'une attitude qui évide de tout contenu, de tout sens le paysage et le regard qui le prend pour objet."
Jérémy Liron

Renouant avec l'héritage de la tradition picturale classique, celui de la technique, celui du sujet (Rembrandt, Morandi, Hopper... ), il le revisite pour s'en éloigner peu à peu et laisser place à ce qu'il vit comme un "road movie" sur les traces de Ghirri, Bustamante ou Stephen Shore) et qu'il nomme "landscape(s)".
Jérémy Liron nous livre sans aucune pudeur son intimité avec le paysage. Celui qu'il observe, qu'il arpente, qu'il photographie même. Et c'est dans cette conjonction de la peinture et des nouvelles technologies, entre l'avant (l'héritage qui le constitue et l'instantané photographique) et l'après, qu'il dilate le temps pour nous offrir un regard, plus qu'un état de fait, un témoignage.
Pénétrant dans un univers de mélancolie nous suivons son oeuvre comme un parcours initiatique dont l'issue serait incertaine.
Entre vision documentaire et journal intime, tel "Paysage n°4" ou encore "Paysage n°15", la peinture surgit. Par un va-et-vient entre la vision photographique et la vision mentale, Jéremy Liron privilégie l'une ou l'autre, selon : le paysage urbain domine ou disparaît sous l'empâtement de la peinture.

à propos

" Depuis plusieurs années, j'envisage les limites du tableau avec ses bords picturaux relatant le travail par couches successives, tentant d'imaginer la contre forme capable de les révéler. La photographie d'une sculpture de Ellsworth Kelly, sorte de rectangle vertical aux angles arrondis posé là, opaque et noir dans le paysage, me proposait en la cadrant serré une solution : ainsi j'imaginais un tableau qui après avoir été achevé, aurait été masqué par une pastille rectangulaire, noir opaque, qui n'en aurait laissé visible que les bords... Je laissais l'idée en suspend. Je travaillais près de deux ans sur le paysage. En juillet je visitais la Villa Savoye construite par Le Corbusier en banlieue parisienne. Au cours de mes recherches sur le sujet mon attention était retenue par des morceaux de nuanciers conçus par l'architecte en vue d'établir la couleur des pans de murs de ses bâtiments.
Le geste que j'effectuais alors sur la toile devenait simple, je recouvrais les architectures de mes landscape(s ) par des aplats de couleur, comme un masque sur la partie centrale de la toile. Avec cette nouvelle série, je me focalise plus particulièrement sur l'inertie que semble induire la contemplation, l'inaccessibilité des " objets " du monde, la litanie des variations au sein de la continuité, qui conduisent à un sentiment général de mélancolie ".

Jérémy Liron

Jérémy Liron peint des éléments de notre monde contemporain et les choisit pour leur indétermination, leur étendue sans restriction référentielle. Nulle vision symboliste, allégorique, Jérémy Liron veut atteindre une double vérité, celle du lieu, celle de la vérité picturale.
Il travaille déjà depuis plusieurs années à la genèse d'un univers cohérent à partir d'éléments du réel, multipliant les points de vue, toujours de même facture dans le même format carré et avec une maîtrise des plus certaines.

Philippe Blanchon
Catalogue exposition " Landscape(s) ", 2005.

les oeuvres

biographie

biographie de Jérémy LIRON